Description
LA NATURE EST MUSIQUE À DÉCHIFFRER
Pensée cette année comme une ode aux relations entre l’Homme et la Nature, la programmation musicale, riche et audacieuse, invite le public à découvrir, ressentir et expérimenter les émotions des premiers romantiques français et allemands, dans un écrin privilégié où art et nature se sont toujours épanouis en harmonie.
De Rousseau à Novalis, la nature devient plus qu’un simple décor : elle est confidente de l’âme et parle des langues infinies.
Cette 4e édition invite le public à s’imprégner de différentes perceptions de la nature à travers sept concerts et une journée d’étude. La balade s’ouvre sur l’esthétique française touchée par la sensibilité du vivant, miroir de nos émotions. Elle se poursuit avec l’esthétique allemande, dans laquelle la nature s’anime de forces mystérieuses — ces féeries ou märchen — et dont les langues, pareilles aux accords d’une harpe éolienne, murmurent une « musique » que le poète seul peut déchiffrer. Des pièces contemporaines font ensuite entendre les sons des insectes pollinisateurs, si précieux à la vie, tandis qu’une sérénade en plein air évoque les oiseaux et la chasse…
Une invitation à une écoute sensible du vivant
Programme de la journée d’étude
15h : Accueil du public
15h30 : Olivier Schefer (philosophe et écrivain, professeur à l’Université Panthéon Sorbonne Paris I, spécialiste de Novalis) :« Tout parle ». Mythe, parole et poésie dans l’œuvre de Novalis.
16h : Héloïse Metzlé (Agrégée de lettres et recherche sur Rousseau) : Nature et musique : Rousseau à l’écoute de la romance
16h30 Annelies Andries (professeure assistante à l’université d’Utrecht, spécialiste des premiers romantiques et des émotions en musique) : Les titres d’objets de la nature dans les romances d’Hortense
17h : Rémi Cariel (conservateur en chef au musée de Malmaison) : Le sentiment de la nature dans la peinture collectionnée par Joséphine
18h : Georges Starobinski (musicologue et pianiste, ancien professeur à l’université de Lausanne, ancien directeur à la HEM de Bâle) : « Nostalgie de la forêt » : la poésie des origines dans les lieder de Schumann
« Tout parle ». Mythe, parole et poésie dans l’œuvre de Novalis.
Abstract
Tout à son désir de surmonter la mécanisation moderne du monde naturel, trop souvent réduit au rôle de ressources à exploiter, la période romantique se met en quête d’une âme du monde et d’un organisme universel. Cette entreprise de « respiritualisation » de la nature qui prend notamment chez Novalis les détours de la magie et du conte enchanté, consiste à prêter aux êtres vivants et non-vivants une parole. Quelle est cette parole ? Qui parle et comment parle-t-on dans la nature de Novalis ?
CV
Olivier Schefer est philosophe et écrivain. Il enseigne l’esthétique et la philosophie de l’art à l’Université Paris I. Il a traduit et édité plusieurs manuscrits philosophiques de Novalis pour les éditions Allia dont Le Monde doit être romantisé, Semences et Le Brouillon général. Il est auteur d’une biographie de Novalis aux éditions du Félin et de plusieurs essais consacrés aux survivances modernes du romantisme : Résonances du romantisme (La Lettre Volée), Mélanges romantiques. Hérésies, rêves et fragments (Le Félin). Il contribue régulièrement à des catalogues d’exposition : Les Traces du sacré (Centre Pompidou), Svayambh d’Anish Kapoor, Humpty Dumpty de Cyprien Gaillard, Histoires de pierre (Rome, Villa Médicis), Formes de la ruine (Beaux-Arts de Lyon). Sa dernière publication, en 2025, accompagne l’exposition de l’IMEC sur l’écriture des rêves, Fragments du rêve. Brouillons, visions, fantômes (collection « Les lieux de l’archive »).
Nature et musique : Rousseau à l’écoute de la romance
Abstract
Rousseau-philosophe place l’idée de Nature au coeur de sa pensée. L’« état de nature », une fiction philosophique, représente à la fois les origines de l’humain et un idéal dont il doit se rapprocher. Ainsi, le « contrat social », l’éducation au contact des végétaux et animaux, et la musique constituent autant de moyens d’y parvenir. Le chant porterait en lui les accents des premières langues ; Rousseau s’intéresse aux pièces simples, mélodiques et chantées, notamment à la fin de sa vie, avec les Consolations des misères de ma vie. Il met à l’honneur le genre de la romance qui sera très en vogue dès le début de l’Empire.
CV
Agrégée de lettres modernes, Héloïse Metzlé enseigne le latin et le français. Ses recherches portent sur les liens entre naturel, musique et féminin, et l’ont amenée à travailler sur Desbordes-Valmore et Rousseau en master auprès de Sarah Nancy à la Sorbonne Nouvelle. Elle suit une formation de chant lyrique au conservatoire Ravel à Paris.
Le sentiment de la nature dans la collection de Joséphine
Abstract
Peinture animalière, peinture de fleurs et paysages sont les trois domaines où transparaît l’attrait de Joséphine collectionneuse pour la nature. Si ce goût est assez peu sensible parmi les œuvres anciennes qu’elle acquit alors qu’elle était souvent conseillée, il se manifeste plus volontiers dans l’art contemporain qui relevait de choix plus personnels. Le réalisme flamand d’un Omegank, la présence du paysagiste Duperreux parmi les peintres troubadour, le lien avec la botanique des compositions florales de Redouté ou van Dael, les vues de De La Rive ou Töppfer rappelant les voyages de Joséphine en Suisse ou celles de Turpin de Crissé pour l’Italie ponctueront cette exploration.
CV
Après une première partie de carrière de statisticien, Rémi Cariel a embrassé celle de conservateur du patrimoine, avec une spécialisation en peinture et arts graphiques des XIXe et premier XXe siècle. Il a réalisé un catalogue des dessins français de la collection Magnin et a été commissaire de plusieurs expositions temporaires dont Girodet & Péquignot, Visions du déluge, Étrange visage, Exquises esquisses, Bertholle_La matière et l’esprit, Andrea Appiani. Il est responsable des peintures et arts graphiques au musée de Malmaison depuis 2020.
Les romances d’Hortense et la nature : source d’inspiration ou reflet ?
Abstract
En 1806, alors qu’elle séjourne à Aix-la-Chapelle, Hortense affirme avoir composé des romances « inspirées par ces beaux lieux ». Dans cette communication, nous découvrirons comment la nature, thème récurrent dans ses compositions, est abordée. Parfois, elle est une source d’inspiration : des mélodies douces en traduisent la beauté, tandis que d’autres, plus passionnées, en appellent au sublime de la nature. Influencée par la poésie romantique, la nature devient également le reflet des sentiments du poète ou des personnages des textes. En perpétuel changement, la nature sert de symbole polyvalent qui permet de capturer les instants éphémères de la vie.
CV
Annelies Andries est professeure adjointe de musicologie à l’Université d’Utrecht. Ses recherches portent sur les développements de la culture musicale en France dans le contexte des conflits militaires du XIXe siècle, notamment les guerres napoléoniennes. Elle participe au festival de Pentecôte depuis 2023.
« Nostalgie de la forêt » : la poésie des origines dans les lieder de Schumann
Abstract
Des paysages contrastés se dégagent de l’ensemble des poèmes mis en musique par Schumann, témoins d’autant de rapports différents à la nature. Le compositeur sut toujours en restituer les nuances, entre naïveté et distance sentimentale, parfois au sein d’un même recueil de lieder. Tel est le cas des Douze poèmes de Justinus Kerner opus 35 (1840). Kerner y fait sienne une idée remise à l’honneur par les théoriciens du Volkslied depuis Johann Gottfried Herder, puis par les auteurs romantiques : la nostalgie d’un âge d’or, où l’artiste comprenait encore le langage de la nature, garant d’une inspiration inépuisable. Dans cette œuvre, Schumann recourt à différents registres stylistiques pour tisser un dense réseau de significations où alternent la simplicité du ton populaire et les subtilités de la musique savante, la perte progressive de la plénitude et la nature remémorée.
CV
Georges Starobinski est musicologue et pianiste. Après des études universitaires et musicales à Genève et Munich, il est chef de chant au Théâtre de Bâle (1987-1990), assistant à l’Université de Genève (1990-2004), et professeur à l’Université de Lausanne (2004-2013). Il prend par la suite la direction de la Haute école de musique de Bâle, puis de son Institut de musique classique (2013-2022), où il continue d’enseigner à ce jour. Parmi ses principaux domaines de recherche figure le répertoire du lied, qu’il pratique également en concert. Il a reçu en 2019 le prix de la Fondation Pierre et Louisa Meylan pour l’ensemble de ses publications.




Avis
Il n’y a pas encore d’avis.